Eh oui! Je suis bien là en Thaïlande, grand pays de tourisme et de vacances. Pour ce qui est des vacances, je n’en ai guère et c’est bien ainsi...Je pensais autrefois, que les élèves avaient une vie bien dure, mais je sais maintenant que la profession d’enseignant est encore plus ardue.
J’avais toujours rêvé de faire une année de travail social volontaire après ma maturité. Je suis entre-temps depuis quatre mois environ à Kanuje, un petit village du Nord-Ouest de la Thaïlande. Il me reste encore deux mois à passer ici et je n’ose pas penser à la séparation. Car je me sens ici aussi bien que chez moi et j’aime les enfants par-dessus tout.
Ma journée débute à cinq heures et demi quand la préceptrice sonne le réveil. A six heures, les enfants se réunissent pour la méditation et puis nous allons travailler au jardin. Au début, j’étais vraiment une fille en ce qui concerne d’arracher les mauvaises herbes, mais entre-temps j’arrive pratiquement à suivre le rythme des garçons! Après 40 minutes environ (ici en Thaïlande, il n’y a pas de temps fixes, il vaut mieux ne rien planifier), les enfants vont manger. Je me fais ma cuisine moi-même. Cela m’a fait un choc au début, quand j’ai appris qu’il me faudrait cuisiner moi-même. Mais entre-temps, je m’y suis habituée et j’apprécie de pouvoir expérimenter à ma guise la préparation de toutes les sortes de légumes de notre jardin.
A 8h30 débutent les cours. J’enseigne à six degrés différents. Au début Ruth traduisait tout, mais dans l’intervalle je dois me débrouiller toute seule. C’était très difficile les premiers temps parce que les connaissances d’anglais des élèves suffisaient à peine à compter jusqu’à vingt et ceci dans les classes terminales. Ce n’était vraiment pas facile de communiquer avec eux, que ce soit à l’école ou au dortoir. Certains élèves ne vont à l’école que parce que leurs parents sont très pauvres et qu’au dortoir ils reçoivent gratuitement le gîte et le couvert. C’est pourquoi certains n’ont guère la motivation de se former. J’essaie dans mon enseignement de faire preuve de créativité autant que possible, ce qui n’est pas toujours facile, parce que nous avons encore des difficultés à nous comprendre. Mais entre-temps je parle un peu le Thaï et eux un peu l’anglais et nous nous complétons les uns les autres.
A 15h30 les classes sont terminées et cela signifie de nouveau travailler au jardin. Ils ont ensuite un peu de loisirs, peuvent jouer au football, chanter, causer ou simplement ne rien faire. Ces loisirs signifient pour moi de m’occuper d’eux et nous nous amusons beaucoup.
Le soir à 19h il y a de nouveau une petite méditation et puis c’est l’heure de l’étude. Nous jouons beaucoup ensemble après qu’ils ont fait leurs devoirs scolaires. C’est pourquoi je me réjouis dès le matin des moments de détente du soir, parce que c’est toujours très amusant. Je ne me suis jamais ennuyée. Il y a toujours quelque chose à faire, à discuter ou à jouer. A 20h30, c’est l’heure de dormir et généralement je tombe alors comme une pierre dans mon lit.
Je n’arrive pas à m’imaginer ce qui va se passer lorsque je retournerai en Autriche. Les enfants vont me manquer énormément. Mais les expériences vont me rester. J’ai vécu ici de véritables amitiés comme je n’en ai pas connu en Europe.
Un exemple parmi d’autres: 4 garçons avaient commis une faute grave et ont dû comme punition creuser un trou très profond. Comme les enfants n’ont pas beaucoup de loisirs, ils auraient eu besoin d’un mois à cet effet. Mais chaque jour, lorsque les jeunes se rendaient à leur tranchée (après leur temps de travail normal dans le jardin!), leurs amis venaient et leur donnaient un coup de main. Quelle que soit leur fatigue ! En voyant cela, j’ai été reconnaissante de pouvoir vivre cela.
La serviabilité est ici vraiment très importante et pas seulement entre les chrétiens. J’apprends beaucoup en Thaïlande et je remercie Dieu chaque jour pour cette opportunité Je recommanderais à chaque jeune de se rendre à l’étranger et d’y faire du travail social, même si ce n’est que pour deux semaines. On ne peut qu’en tirer profit ! Un grand merci à REACH Suisse qui m’a permis de faire ces expériences. Je remercie Dieu qui, jusqu’à présent, m’a toujours gardé et aidé lorsque j’avais besoin de son aide.
En raison de la grande quantité de travail, nous ne pouvons malheureusement pas produire plus d’un rapport par an. Merci infiniment pour votre compréhension!